Test de produit

P’achakuna : parcourir les Andes avec un lama

Ramon Schneider
25/1/2022
Traduction: Elvina Tran

En plus de ses illustrations magnifiques, le jeu de société P’achakuna offre une mécanique de jeu captivante : l’idéal pour voyager en Amérique du Sud par la pensée lors d’une froide et grise journée d’hiver.

Les semelles de mes chaussures sont en train de se désagréger. Mes ampoules aux pieds me font tellement mal qu’il me semble presque impossible de continuer à marcher. La montée est raide et la descente tout aussi raide jusqu’au prochain village. Heureusement, un lama m’accompagne sur ce chemin périlleux à travers les Andes. Il transporte toutes mes provisions et les pigments dont je fais le commerce.

En réalité, tout cela se passe sur la table de ma cuisine où je joue à P’achakuna avec un ami. Ce jeu de société parvient à me transporter mentalement sur un autre continent.

La boîte de P’achakuna et son contenu.
La boîte de P’achakuna et son contenu.

Compétitif 1 contre 1

P’achakuna est un jeu de société compétitif pour deux personnes. La mission principale est de faire le commerce de pigments naturels et de laine blanche. Pour cela, vous devez parcourir les Andes avec des lamas et livrer les pigments à différents villages. Si vous arrivez dans un village, vous pouvez garder le fil teint après la transaction et vous recevez un nouveau pigment que vous devez transporter vers un autre village. Pour gagner, il faut parvenir à collecter en premier les sept fils colorés.

C’est dans le village blanc au milieu du plateau que la partie commence.
C’est dans le village blanc au milieu du plateau que la partie commence.

Le plateau de jeu se compose de plusieurs tuiles de terrain hexagonales qui peuvent être tournées pendant le jeu. Le côté vert d’une tuile est une vallée et le côté noir la montagne. Au début du jeu, vous et votre adversaire recevez un lama. Vous pouvez choisir vous-même la couleur du lama. Le lama blanc ne peut se déplacer que dans les vallées et le lama noir que dans les montagnes. Plus tard dans le jeu, vous pourrez troquer du fil coloré contre des lamas supplémentaires. Les deux adversaires démarrent au milieu du plateau de jeu, dans le village blanc.

1. Pivoter
Avant de déplacer votre lama, vous pouvez faire pivoter une seule tuile de terrain. Plus tard dans le jeu, vous pouvez acheter des rotations supplémentaires avec du fil coloré. Il n’est cependant pas possible de faire pivoter les tuiles sur lesquelles se trouve un lama.

Les tuiles de terrain hexagonales peuvent pivoter.
Les tuiles de terrain hexagonales peuvent pivoter.

2. Avancer
Vous pouvez maintenant partir en expédition avec votre lama. Vous devez avancer d’au moins une case. Vous pouvez déplacer votre lama aussi loin que vous le souhaitez tant qu’il existe un passage ininterrompu. Si vous arrivez dans un village en chemin, votre lama doit s’arrêter pour faire une pause.

3. Commercer
Vous pouvez faire du commerce dans le village. Il est important que le fil coloré transporté soit de la même couleur que la bannière affichée dans le village. Si vous avez la même couleur que le petit drapeau du bas, vous recevez la ressource échangée dans votre réserve personnelle. Si la couleur correspond à celle du grand drapeau du haut, vous en recevez le double.

La couleur de la ressource sur le lama correspond à la couleur sur la bannière.
La couleur de la ressource sur le lama correspond à la couleur sur la bannière.

Si vous n’avez pas encore la ressource échangée dans votre réserve, vous pouvez la placer dans l’une des sept encoches devant vous. Vous pouvez utiliser vos ressources supplémentaires de la même couleur pour faire pivoter plus de tuiles de terrain ou acheter de nouveaux lamas. Un lama coûte quatre ressources et vous pouvez posséder au maximum trois lamas.

La partie s’achève lorsque vous ou votre adversaire parvenez à collectionner les sept ressources de couleurs différentes.
La partie s’achève lorsque vous ou votre adversaire parvenez à collectionner les sept ressources de couleurs différentes.

4. Recharger
Une fois que votre lama a déchargé la ressource transportée dans un village et que la transaction est terminée, vous recevez une nouvelle ressource de la couleur du village correspondant. C’est ensuite au tour de votre adversaire.

Fin du jeu
La première personne à avoir devant elle au moins un exemplaire de chacune des sept ressources gagne la partie.

Conclusion

Avant même de commencer la première partie, j’ai été impressionné par les illustrations de la dessinatrice finlandaise Johanna Tarkela. Les décors naturels réalistes me transportent par la pensée en Amérique du Sud, dans les Andes, et me permettent de m’immerger complètement dans cet univers pendant le jeu. P’achakuna a donc déjà gagné le concours de beauté.

P’achakuna a été développé par deux game designers suisses pendant leur bachelor à l’Université des Arts de Zurich : Stefan Kraft et Moreno Vogel. C’est à eux que l’on doit cette remarquable mécanique de jeu. Le principe du jeu, qui consiste à faire pivoter les tuiles et à faire du commerce dans les villages, est facile à comprendre, mais pas simpliste. J’ai souvent réfléchi longtemps à un coup avant de le jouer. D’une part parce que je veux rassembler le plus rapidement possible tous les fils teints, mais d’autre part aussi parce que je veux barrer la route à mon adversaire en tournant les tuiles. Pour gagner, il faut donc toujours avoir plusieurs coups d’avance. Ces considérations stratégiques donnent de la profondeur au jeu, ce qui donne lieu à des duels passionnants et âprement disputés.

Je remettrai P’achakuna sur la table lors de la prochaine soirée jeux et attraperai des ampoules aux pieds dans mes chaussures éculées, sans bouger de chez moi.

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