
Ma maison connectée porte mieux son nom depuis que j’ai découvert Home Assistant
Home Assistant me permet enfin de contrôler ma maison connectée comme j’en ai besoin, c’est-à-dire de façon intelligente et automatisée. Vous découvrirez ici pourquoi je suis autant emballée et comment vous y mettre vous aussi.
Cela fait déjà huit ans que j’utilise des appareils intelligents chez moi et j’ai toujours eu la sensation de ne pas exploiter à fond leur potentiel. De nombreuses applications des fabricants sont trop limitées : on peut lancer le chauffage ou allumer la lumière à 19 h et commander l’éclairage à la voix, ce n’est pas très fun… Effectivement, on peut faire plus mais je ne savais pas comment faire. Tout cela a changé l’an dernier.
Mon frère m’a parlé avec enthousiasme de la plateforme de domotique « Home Assistant ». Je lui ai demandé s’il parlait de l’Assistant Google, mais il a répété « Home Assistant » et m’a agité son téléphone sous le nez. « Tu vois, ça m’affiche la température ambiante sur le plan de la maison et les éventuelles fenêtres ouvertes. Là, je vois si la machine à laver fonctionne, a-t-il poursuivi en balayant l’écran, et ici combien de watts produisent les panneaux sur le balcon ».

« Et tout ça, dans une seule et même application ? » ai-je voulu savoir. À cette époque, mon smartphone contenait quatre ou cinq applications pour les appareils de différents fabricants. « Oui, tout dans une seule application ! Et si la température de la cheminée passe sous les 50 °C, je reçois une notification push pour remettre du bois… ». OK, n’en dis pas plus ! Je découvre vite que Home Assistant renferme de nombreux avantages :
- une seule appli pour gérer tous les appareils
- une grande possibilité de personnalisation du panneau de commande et des tableaux de bord
- un très grand nombre de fonctions permettant des automatisations originales
- une communauté impliquée pour s’entraider et échanger des idées
Tout cela est impossible avec les applications des fabricants ou les plateformes de domotique comme Alexa… ou du moins pas dans une telle mesure. Une évidence s’est imposée à moi : il me fallait Home Assistant.
Home Assistant, késako ?
Imaginez-vous Home Assistant comme le cerveau d’un organisme complexe qui coordonne différents appareils aux emplois et fabricants multiples.
Cette plateforme open source se commande en local dans une maison connectée, c’est-à-dire sans cloud. Tous mes appareils connectés, du routeur à l’aspirateur robot, des lampes et prises aux capteurs faits maison, sont intégrés au même système. Je gère le tout via une interface de navigateur et dans l’application Companion de Home Assistant.
Selon le site Internet du développeur de Home Assistant, plus de 1000 fabricants proposent une interface pour leurs produits ou services qui permet de les intégrer et de les utiliser sur la plateforme. Les produits compatibles Matter fonctionnent même sans intégration du fabricant dans Home Assistant. Chez moi, cela fonctionne très bien avec les lampes Govee, comme la lampe de table et les Gaming Wall Lights. Depuis mars 2025, il existe aussi une certification pour le support Matter.
Même sans Matter ni sans intégration du fabricant, la communauté a souvent une solution à vous proposer. Comme Home Assistant est en open source, il est facile d’y ajouter ses propres outils. On trouve donc énormément de parades aux problèmes et leurs instructions détaillées. Je trouve aussi rassurant que le projet ne cache pas une grande multinationale, comme pour Google Home.
Dès qu’un appareil est intégré à Home Assistant, il se met pour ainsi dire à nu : je découvre des données de capteurs et des fonctions qui n’apparaissaient pas dans l’application du fabricant. Par exemple, je ne savais pas que les détecteurs de mouvement Philips Hue possédaient un thermomètre. Je peux exploiter toutes les fonctions et les données des capteurs à des fins d’automatisation !

Premiers pas dans l’univers Home Assistant
J’ai installé Home Assistant sur un Raspberry Pi 5, un ordinateur monocarte bon marché. Il est relié au routeur par câble Ethernet et possède un module WiFi qui lui permet de communiquer avec de nombreux appareils sur le réseau. Le kit de démarrage contient également un boîtier et les câbles nécessaires.
L’installation du système d’exploitation de Home Assistant ne nécessite même pas d’écran et s’est déroulée sans accroc. Je ne sais plus exactement quel mode d’emploi j’ai suivi, mais ce descriptif d’installation récent devrait convenir.

L’une des plus grandes chaînes YouTube sur Home Assistant en allemand, Simon42, recommande « Home Assistant Green » comme méthode la plus simple. Ce système proposé par Nabu Casa est spécialement conçu pour Home Assistant, le système d’exploitation est déjà installé dessus.
Home Assistant s’installe aussi sur d’anciens ordinateurs de bureautique ou en tant que machine virtuelle. Vous trouverez ici un aperçu non exhaustif des supports possibles. L’important étant que le support fonctionne sans interruption pour que Home Assistant commande toutes les automatisations de manière fiable.
Si Home Assistant vous tente, je vous conseille de commencer par trouver le support qui vous convient et qui accueillera Home Assistant.
Automatisations : une prise électrique contrôle mon chauffage
Les automatisations de Home Assistant vont beaucoup plus loin que les fonctions de démarrage ennuyeuses. Il s’agit en gros de chaînes de commande IFTTT (if this, then that).
La plus judicieuse de mes automatisations consiste sans doute à chauffer mon bureau uniquement lorsque je m’y trouve. Pas besoin d’un capteur Occupy, connaître mes habitudes suffit amplement. J’utilise cette pièce à 99 % pour travailler ou jouer aux jeux vidéo. En d’autres termes, l’ordinateur ou le portable est forcément allumé.

Tous les appareils de bureau sont reliés à une prise intermédiaire intelligente. Si la puissance mesurée dépasse 50 watts, c’est que je suis présente et que je ne veux pas avoir froid. Le chauffage se lance donc à 19 °C à ce moment. Si j’éteins l’ordinateur et qu’il reste éteint pendant deux minutes, le chauffage passe à 16 °C. Cerise sur le gâteau, la prise s’éteint peu après pour que les appareils ne consomment pas en mode veille.

Je n’ai pas non plus besoin d’allumer la prise le matin. Si je débranche le chargeur de mon portable entre 6 et 8 heures les jours ouvrables (le statut de la batterie passe de « full » à « discharging »), Home Assistant sait que j’ai été forcée de m’extirper du lit. Dix minutes plus tard, la prise se met en route et mes luminaires préférés s’allument. Tout est donc prêt lorsque j’entre dans la pièce… Sauf le café, hélas !
Pour créer des automatisations pertinentes, je dois d’abord observer mon quotidien, car les réglages horaires ne suffisent pas forcément. Quelles sont mes habitudes, quelles sont leurs plages horaires et comment les déterminer ?

Les détecteurs de mouvement ne serviraient à rien dans la salle de bain pour commander l’éclairage si quelqu’un prend une douche par exemple, puisque le capteur ne peut pas détecter de mouvements dans le coin douche. Mais le thermostat connecté enregistre l’humidité de l’air ! Le graphique de cette dernière affiche les variations, ce qui me permet de définir des valeurs seuils : Home Assistant comprend alors que quelqu’un se douche et je peux m’en servir pour bloquer l’extinction automatique de la lumière.

Des tableaux de bord personnalisés pour mon centre de contrôle
Je n’ai pas besoin de la plupart des fonctions et informations de l’appareil en permanence. J’ajoute ce dont j’ai besoin dans un tableau de bord bien organisé pour garder un œil sur les principales infos et les déclencheurs, le tout est aussi sur mon smartphone grâce à l’application Companion. Home Assistant propose une démo fonctionnelle à titre d’illustration.
Ce qui est top avec ces tableaux de bord, c’est que je peux leur donner l’aspect que je veux : la communauté met à disposition plein de thèmes faits maison. Je peux aussi créer le mien grâce à un plugin. Les cartes info comprennent les instructions CCS et peuvent être mises en page à la façon d’un site Internet.
Je ne suis pas obligée de me contenter d’un seul tableau de bord, je peux décider d’en créer un pour chaque pièce et chaque membre de la maisonnée ou encore un pour tout l’éclairage.

C’est aussi très pratique pour mon mari. Il n’avait aucune envie de télécharger plusieurs applications de fabricants pour commander des lumières et des prises. Mais avec l’appli Companion de Home Assistant et ses propres tableaux de bord, ce n’est plus un problème et il s’en sert constamment, à ma plus grande joie.
Home Assistant a eu besoin d’un peu de temps pour être fonctionnel. J’ai d’abord dû réfléchir à ce que je voulais et prendre connaissance des innombrables possibilités. Et puis, je me suis complètement enflammée au moment d’ajouter la commande du chauffage. Je veux encore plus d’intégrations, plus d’automatisations et plus de visualisations. C’est un projet au long cours que j’aimerais partager avec vous au fil d’articles, le prochain traitera d’ailleurs des tableaux de bord. Comme ils sont personnalisables à souhait, je vous montrerai comment j’ai créé le mien.
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Aussi à l'aise devant un PC gaming que dans un hamac au fond du jardin. Aime l'Empire romain, les porte-conteneurs et les livres de science-fiction. Traque surtout les news dans le domaine de l'informatique et des objets connectés.